Cap Corse
  

Cap Corse







, France
le 18/07/2017

 

Macinaggio , mardi 18 juillet


Me voilà partis pour le tour du Cap Corse. Matinée déjà chaude dès huit heures et le début de la marche se fait laborieusement. Réchauffer les muscles, oublier les rhumatismes des jours précédents et adapter son rythme au terrain. Le sac est vidé de tout son bazar et le poids fait disparaitre la contrainte. Sur ce sentier des douaniers , la côte se découpe légèrement avec de belles criques , des plages de sable fin et son eau turquoise, et les fameuses tours Gênoises trônant sur leur pieds déjà fatigués du temps au bord des rochers.
La chaleur monte, le corps s'adapte, et les gouttes de sueurs s'échappent  et coulent dès que je retire mon chapeau. Le parcours se fait sans difficulté avec de légères déclivités. Le challenge ici, c'est la température. J'aimerais redécouvrir ces lieux pendant une saison moins caniculaire. Tout semble facile ici, l'eau est chaude, le soleil donne toute l'année et la bonne chair se fait princière. Peut être trop facile. L'esprit suit cette torpeur nécéssaire, voir vitale, et ne s'encombre pas de soucis climatiques majeurs. J'en viens à penser à ma Bretagne et à ses sauts d'humeur dans ce domaine. Quel partis prendre : celui de se laisser glisser dans la torpeur, ou d'affronter les assauts du vent, de la pluie et des forts embruns iodés ?  

Certains de mes lecteurs s'offusquent de mes envois et écrits. Je le regrette profondément et m'explique : j'arpente le monde depuis bientôt une quinzaine d'années. La plume m'est venue après quelques essais , puis encouragements. C'est devenu aujourd'hui une nécessité qui forme un retour sur soi et sur ce que l'on vit chaque jour. Il me semble que faire plus qu'être simplement un passager de la vie fait partie de notre rôle. Ne pas être seulement un consommateur du tourisme mais prendre partis, observer, se révolter ou admirer. Bien des pensées me sont venues après ces marches interminables, harassantes et usantes. J'en paye un peu le prix au fur et à mesure que le temps s'avance. Mais ce que j'ai appris au bout de cela, nul autre moment de l'existence ne me l'aura donné d'une autre façon. Apprendre que l'effort, la désorientation, le désespoir ou la révolte après s'être  égaré, rends bien plus grand et élève notre  âme humaine que tant d'autres choses vécues au quotidien.
C'est pour cela que je continue, même si la difficulté est toujours présente, l'incertitude inévitable. Je connais des matins où l'esprit ne sait où aller, battu et désorienté par une mauvaise nuit. J'ai de grands moments de beauté face à cette nature et parfois aussi de grands découragements face à la fatigue et aux éléments du temps. Mais les  légers signes d'humanité le long des sentiers lorsque l'on croise un autre marcheur suffisent bien  souvent à vous faire oublier vos principaux soucis.
Donner aux jeunes à partager ce goût de la recherche de soi me semble une illustration réelle de mes parcours et de mes intentions.Aussi bien dans mon métier qu'au quotidien. Décrire , ressentir, montrer et envoyer une partie de cette vie qui est la mienne s'envoie amicalement et affectueusement à tous. Je continue...
 

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